Le RAADS-R est un questionnaire d’auto-évaluation de 80 questions, publié par Ritvo et ses collègues en 2011 pour repérer l’autisme chez l’adulte. Chaque réponse se cote de 0 à 3, pour un total sur 240 ; 65 est le seuil de l’étude d’origine. Ce seuil produit de nombreux faux positifs : le résultat ouvre une discussion médicale, il ne fait pas un diagnostic.
Le RAADS-R fait partie des questionnaires les plus cités par les adultes qui s’interrogent sur un éventuel autisme. Son nom complet, « Ritvo Autism Asperger Diagnostic Scale-Revised », contient le mot « diagnostic », ce qui entretient une confusion : l’outil sert au repérage.
Qu’est-ce que le RAADS-R ?
Il s’agit d’une échelle de 80 affirmations auxquelles l’adulte répond seul, en indiquant si chacune est vraie aujourd’hui, si elle l’était dans l’enfance, ou si elle ne l’a jamais été. Cette double lecture, présent et passé, fait écho aux critères du DSM-5 : les symptômes doivent exister dès le début du développement.
Les 80 questions se répartissent en quatre domaines : le langage, les interactions sociales, les symptômes sensori-moteurs et les intérêts restreints. Cette page décrit la structure du questionnaire sans reproduire les questions : pour le passer, il faut le faire sous sa forme complète et avec sa grille.
Comment se cote le RAADS-R ?
Chaque réponse rapporte 3 points si le trait est vrai maintenant et l’était dans l’enfance, 2 points s’il n’est vrai que maintenant, 1 point s’il n’était vrai qu’avant 16 ans, et 0 point s’il n’a jamais été vrai. Dix-sept questions sont formulées dans le sens inverse et leur cotation est renversée. Le total va de 0 à 240.
| Domaine | Questions | Score maximum | Seuil du domaine |
|---|---|---|---|
| Langage | 7 | 21 | 4 |
| Interactions sociales | 39 | 117 | 31 |
| Symptômes sensori-moteurs | 20 | 60 | 16 |
| Intérêts restreints | 14 | 42 | 15 |
| Total | 80 | 240 | 65 |

Que vaut le seuil de 65 ?
L’étude de validation de 2011 comparait 201 adultes autistes à 578 adultes non autistes. Elle fixait le seuil à 65 et rapportait une sensibilité de 97 % et une spécificité de 100 %. Ces chiffres, très élevés, s’expliquent en partie par la nature de l’échantillon : des personnes déjà diagnostiquées d’un côté, des participants sans trouble de l’autre.
En pratique, le questionnaire est rempli par des personnes qui se posent la question, parfois en difficulté pour une raison ou une autre. Les travaux ultérieurs sont moins flatteurs. Une validation française (Picot et collègues, 2021) rapporte 55,6 % de faux positifs chez des adultes suivis pour d’autres troubles psychiatriques. Une étude de Jones et collègues (2021), menée auprès d’adultes adressés pour une évaluation de l’autisme, trouve une spécificité de 3 % seulement au seuil de 65. Autrement dit, presque toutes les personnes adressées qui n’étaient finalement pas autistes dépassaient le seuil.
Lire un résultat sans le surinterpréter
Un score sous 65 n’écarte pas l’autisme, et un score au-dessus ne le confirme pas. Des auteurs ultérieurs proposent des paliers d’interprétation : de 65 à 105, quelques traits autistiques ; de 106 à 139, un profil cohérent avec l’autisme, qui justifie une évaluation approfondie ; de 140 à 240, des traits marqués. Ces paliers ne viennent pas de Ritvo : ils sont issus d’une revue technique de 2025, et ne remplacent pas un avis.
- Un score élevé peut accompagner une anxiété, un TDAH ou un trouble de l’humeur, dont les manifestations peuvent ressembler à certaines réponses.
- Un score bas peut refléter des traits masqués par des stratégies apprises, ou une difficulté à repérer ses propres comportements.
- Un questionnaire d’auto-évaluation dépend de la façon dont on se perçoit, pas seulement de ce que l’on fait.
Bien remplir un questionnaire de 80 questions
La fiabilité d’une auto-évaluation dépend des conditions dans lesquelles on la remplit. Quelques habitudes limitent les biais.
- Choisir un moment calme, sans fatigue ni période de crise, pour que les réponses ne reflètent pas seulement la semaine écoulée.
- Répondre pour le présent et pour l’enfance séparément, en s’aidant de souvenirs précis plutôt que d’impressions générales.
- Ne pas chercher la « bonne » réponse : un questionnaire de repérage n’a ni bon ni mauvais résultat.
- Demander, si on le souhaite, à un proche qui a connu l’enfance de relire certaines réponses.
- Garder une copie des réponses et du total, avec la version utilisée, pour la montrer au professionnel.
Versions courtes et traductions
Une version de 14 questions, la RAADS-14 Screen, a fait l’objet d’une étude de validité dans une population psychiatrique adulte. Elle vise un repérage plus rapide. Côté français, la traduction diffusée en ligne n’a pas toujours été validée, ce qui oblige à lire les seuils par domaine avec prudence.
RAADS-R, AQ ou autre : comment choisir ?
Le RAADS-R est le plus long et le plus détaillé, notamment parce qu’il distingue le présent de l’enfance. L’AQ est plus court et se concentre sur cinq dimensions. Les deux sont décrits dans les pages sur le quotient du spectre autistique et sur le test d’autisme chez l’adulte, qui compare aussi l’AQ-10. Quel que soit l’outil, le principe est le même : un score aide à préparer une consultation, et ce sont les exemples concrets apportés à ce moment-là qui pèsent.
La Haute Autorité de santé consacre d’ailleurs des annexes de sa recommandation de 2011 aux outils utilisés auprès des adultes : outils d’aide au diagnostic de la triade autistique, tests d’évaluation du niveau intellectuel et de l’adaptation sociale, échelles d’observation des comportements. Un questionnaire rempli seul chez soi prépare la consultation, il ne la remplace pas.
Pour la suite, la Haute Autorité de santé décrit, dans ses recommandations sur l’adulte, une démarche interdisciplinaire à deux versants : un diagnostic médical, puis une évaluation du fonctionnement. La personne peut solliciter elle-même ce diagnostic en se rapprochant des centres ressources autisme. La rubrique autisme et TSA regroupe les pages du site sur le sujet, et le détail des symptômes chez l’adulte aide à décrire concrètement ce que l’on vit.
Questions fréquentes
Le RAADS-R est-il un test de diagnostic ?
Non, malgré son nom. C’est un questionnaire d’auto-évaluation destiné au repérage. Le diagnostic repose sur un entretien clinique et une évaluation du fonctionnement.
Quel score au RAADS-R indique un autisme ?
Aucun score ne l’indique à lui seul. Le seuil d’origine est de 65 sur 240, mais il produit de nombreux faux positifs dans les populations qui consultent. Un score élevé justifie d’en parler à un médecin.
Combien de temps faut-il pour remplir le questionnaire ?
Avec 80 questions, comptez un temps de lecture et de réflexion plus long qu’un questionnaire court comme l’AQ-10. Mieux vaut le remplir au calme, en pensant à l’enfance autant qu’au présent.
Le RAADS-R est-il validé en français ?
Une validation française a été publiée (Picot et collègues, 2021), mais la traduction qui circule en ligne n’a pas toujours été validée. Vérifiez la source de la version utilisée.
Que faire d’un résultat élevé ?
Notez des exemples concrets depuis l’enfance, apportez le résultat à votre médecin traitant et demandez une orientation vers un psychiatre, un psychologue formé ou un centre ressources autisme.
Haute Autorité de santé, « Autisme et autres TED : diagnostic et évaluation chez l’adulte », 2011 (annexes sur les outils d’aide au diagnostic) : has-sante.fr. Ritvo R.A. et coll., 2011 ; Picot et coll., 2021 ; Jones et coll., 2021 ; Hegarty et coll., 2025.
Journaliste santé, spécialisée en santé mentale — qui écrit ici.